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Vivez l'Odyssée "Canne à sucre et du rhum patrimoine" vue de la mer

Présentation

Au 18ème siècle, l'habitation " Le GALION " située à l'embouchure de la rivière du même nom appartient comme toute la région à la célèbre et puissante famille des Dubuc. On ne sait pas exactement quand les deux habitations sucrières contigües " Galion " et Grands-Fonds " sortent du patrimoine des Dubuc mais en 1842 elles sont la propriété d'un certain Jacques-Marie LALANNE. A la mort de ce dernier, les habitations sont mises en vente aux enchères.

Jean Emile MERLANDE et Paul LALANNE (on ignore s'il est ou non apparenté au défunt), propriétaires à Saint Pierre, se portent conjointement acquéreurs. Les propriétés sont grévées d'hypothèques et ils doivent faire appel pour se procurer les moyens de les acquitter à un négociant de Saint-Pierre : Eugène Eustache.

En contrepartie, ils doivent lui abandonner l'administration des exploitations jusqu'au remboursement intégral de leur dette. Vers 1861, Eugène EUSTACHE envisage de créer sur ses terres une usine car les vieilles habitations sucrières vivent leurs dernières années. L'Etablissement est construit à la Trinité, proche de la mer, sur l'habitation " Grands-Fonds " mais s'appelle " Usine du Galion ", nom qu’il tire de la proximité de la rivière et de la baie du Galion. Il est équipé par la maison CAIL (spécialiste en matériel pour les usines sucrières) et Eugène EUSTACHE empruntera 1 200 000 F à la Société du Crédit Colonial. Grâce au profit sucrier des années 1870, il peut rembourser son emprunt par anticipation.

Le fonds est issu de l'activité d'une entreprise familiale, à la fois agricole et industrielle, alliant les plantations de cannes à sucre divisées en habitations, et l'usine de fabrication de sucre et de rhum, construite en 1862.

Entreprise familiale, propriété d'Eugène Eustache, puis d' Emile Bougenot, puis des consorts Bougenot en indivision, elle est restée familiale et en indivision jusqu'en 1958. Elle se scinde ensuite en deux sociétés, l'une à vocation agricole (SCI), l'autre à vocation industrielle (SA).

Pour assurer l'approvisionnement en cannes de son usine, il cherche à se constituer un domaine agricole propre. Il rachète systématiquement toutes les habitations qui sont mises en vente autour de Grands-Fonds Galion : Bord-De-Mer, Desmarinières, Morne-Galbas, Malgré-Tout, Fonds Galion et Mignot. Il se trouve ainsi à la tête d'un vaste domaine de 2 344 ha disposé en arc-de-cercle autour de la Baie du Galion et fournissant toutes les cannes nécessaires au bon fonctionnement de l'usine.

Eugène EUSTACHE meurt le 6 mars 1883, à la veille de la grande crise qui frappe l'économie sucrière antillaise.
EMILE BOUGENOT, son gendre, est chargé de la gestion de l'usine. On sait aujourd'hui qu'il est le plus grand nom de l'histoire économique de la Martinique entre 1870 et 1890. Sur les 21 usines sucrières en activité dans la 2ème moitié du 20ème siècle, il a été gérant de 9, actionnaire de 15, et copropriétaire de celle du Galion, touchant ainsi des revenus importants.

Avant la 1ère guerre mondiale, la demande en alcool (fabrication des explosifs) est très forte. Beaucoup d'usines négligent de plus en plus la production de sucre pour se consacrer à celle du rhum, plus rémunératrice. On assiste alors à un effondrement de la production sucrière à la Martinique. Il semble cependant que la politique de production au Galion était plus prudente et n'a servi qu'à rentabiliser l'exploitation. La fin de la guerre entraîne un effondrement de la production du rhum et l'instauration du contingent réparti entre les usines. De nombreux petits distillateurs finissent par être ruinés. Au Galion, cette crise se traduit simplement par un manque à gagner.

A partir de 1920, la consommation métropolitaine s'accroît non seulement en rhum mais surtout en sucre à la suite de la destruction des industries betteravières du Nord et de la Picardie. Le Galion accroît sa production et sa productivité par la modernisation du matériel (reconstruction des voies ferrées, renouvellement du matériel roulant, introduction de nouvelles espèces de cannes). La crise mondiale (1930 - 1939) provoque une récession, le manque à gagner du Galion est impressionnant : c'est le sucre qui est surtout responsable du recul (son coût de production restant constamment supérieur à son prix de vente). Le Galion parvient tout de même à équilibrer ses comptes de fabrication grâce aux sirops.

Malheureusement, les cours diminuent eux aussi entraînant des pertes en 1934 et 1935. Les résultats sont donc catastrophiques pour le sucre mais sont finalement compensés par les profits réalisés sur la fabrication du rhum particulièrement du " Grand Arôme " pour lequel le Galion jouit d'un quasi-monopole. La crise frappe surtout les petites distilleries dont le nombre tombe de 155 en 1930 à 120 en 1937. La reprise survient à partir de 1937 et sera extrêmement vigoureuse jusqu'à la 2ème guerre mondiale.

De nouveaux moulins et des générateurs plus puissants sont installés, le matériel de cuisson et d'évaporation est renouvelé, une nouvelle espèce de canne plus riche en saccharine, la BH 10-12 est introduite sur les plantations où l'usage du tracteur et le labourage mécanique s'étendent ; l'emploi des engrais devient systématique.

En 1958, une SCI nommée "Exploitation Agricole du Galion" dont le siège social se trouve à l'habitation du Galion à La Trinité, est créée dont l’objet est "l'administration du domaine agricole du Galion ...". 
Cette société comporte une assemblée générale des actionnaires et un conseil d'administration, émanation du premier organe. L'activité de l'usine du Galion est indépendante de celle de l'Exploitation agricole du Galion.

La société à vocation industrielle, société anonyme des URGB (usines réunies du Galion et de Bassignac) fondée en 1962, a son siège à La Trinité. Son objet est la fabrication et la vente de rhums et sucres. L'Exploitation agricole du Galion, créée dès 1958, a son siège à la Trinité et un bureau à Paris. Les deux sociétés sont localisées à Paris, jusqu'en 1963. Elles ont une comptabilité commune jusqu'en 1961. Elles fusionnent avec l'usine de Sainte-Marie en 1970, et prend en octobre 1970 le nom de Compagnie sucrière et rhumière de la Martinique (Cosurma).

UNE VISITE POUR TOUT SAVOIR SUR L'UNIVERS DU SUCRE
Pendant la campagne sucrière uniquement (c’est-à-dire durant sa période d’activité), vous pouvez visiter l’usine du Galion.
Lors de la visite guidée, découvrez l’histoire de la canne à sucre et de son exploitation en Martinique. Remontez le temps depuis l’habitation sucrière jusqu’à l’usine centrale à vapeur actuelle. 

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Latitude:
14.717554
- Longitude:
-60.947376
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P393+22H, La Trinité, Martinique

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