- départ en voiture du bourg de Sinnamary vers la Savane Combi 
- arrêt chez les producteurs : Cugini (élevage de canards), Claire Couturier (bois de rose).
- embarquement pointe Combi et remontée du fleuve jusqu'au barrage
- arrivée au barrage
- repas à prévoir 
- balade en canoë-kayak ou changement d'embarcation (21 personnes max)
- balade sur le lac, vers l’emplacement du bagne des Annamites (il s’agit du Bagne des Annamites Saut Tigre, Gare tigre c’est a St-Élie)
- Retour fin de journée par la route, au départ du dégrad sur le lac
- dernière étape à L'oiseau du Paradis pour dégustation de produits locaux add_circle_outline
- départ en voiture du bourg de Sinnamary vers la Savane Combi 
- arrêt chez les producteurs : Cugini (élevage de canards), Claire Couturier (bois de rose).
- embarquement pointe Combi et remontée du fleuve jusqu'au barrage
- arrivée au barrage
- repas à prévoir 
- balade en canoë-kayak ou changement d'embarcation (21 personnes max)
- balade sur le lac, vers l’emplacement du bagne des Annamites (il s’agit du Bagne des Annamites Saut Tigre, Gare tigre c’est a St-Élie)
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L'Odyssée - Sinnamary

Étape 1

Pont Madame de Maintenon

Fermé à la circulation depuis 2015, le pont historique de la commune a été voulu par le maire de l'époque, Roland Verderosa, maire de 1953 à 1977. Jusqu’à la date de la construction, en 1956 et sa mise en service deux années plus tard, le fleuve se traversait en canot.

Une tentative de modernisation avait été imaginée en 1935. Deux barges, censées faire la navette, étaient actionnées à l’aide d’une lourde chaîne qui traversait le cours d’eau. Le système n’a pas perduré car l’un des bacs échoua dès la première traversée.

Quant à la petite histoire autour du nom donné, il est dit que la petite-fille d'Agrippa d’Aubigné et  future Madame de Maintenon, épouse morganatique du roi Louis XIV, serait née à Sinnamary, en 1635. L’histoire officielle, quant à elle, parle d’une naissance de Françoise d’Aubigné, dans une prison de Niort en 1635. Mais il existe un ouvrage écrit en 1755  par Laurent Angliviel de la Baumelle, un dominicain, "Mémoires pour servir à l’histoire de Madame de Maintenon”, qui semble contredire la thèse officielle. En réalité, Françoise d'Aubigné serait née à Sinnamary en 1630 et ses parents auraient quitté la Guyane pour rejoindre la Martinique et la métropole. Elle n’aurait été baptisée que 5 ans plus tard à Niort et cette date sera considérée comme sa date de naissance.

Long de 140 mètres, le pont a donc facilité la circulation des biens et des personnes à la fin des années cinquante. Il devenait plus facile de se rendre dans l’ouest de la Guyane, vers les communes d’Iracoubo, Mana et Saint-Laurent-du-Maroni, jusque-là accessibles par la mer ou, par la route, après le passage compliqué des cours d’eau qui jalonnent le trajet.

En 1997, la construction d’un deuxième ouvrage, en amont du premier et évitant le bourg de Sinnamary  a été décidée. Le pont Maintenon, quant à lui, a été interdit à la circulation en 2015. Des travaux de restauration lancés en 2020 vont permettre une réouverture et un désenclavement pour le bourg.
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L'Odyssée - Sinnamary

Étape 2

Colonisation de Sinnamary


Dès le quart du XVI siècle, les Anglais, Français et Hollandais voient dans les côtes de Guyane, de l’embouchure de l’Oyapock jusqu’à l’île de Cayenne un lieu d’escale : après leur traversée de l’Atlantique depuis les côtes africaines où ils chargeaient or, ivoire et esclaves, ils débarquaient au Brésil pour y vendre leurs marchandises. Remontant la côte vers le nord, ils s’arrêtaient en Guyane avant de se rendre aux Antilles. Commerçants pour l'essentiel, ils mettent en place un système commercial avec les Amérindiens présents sur la côte.

La première tentative de colonisation serait le fait d’un certain Chantail, qui s’était illustré à l’île de Saint-Christophe et y avait planté le premier pavillon français. Il arriva ici en 1624 avec ses parents, Guiry et Serant, et un normand du nom de Chambaud, alors lieutenant. Quittant les Antilles pour rejoindre les côtes de la Guyane, sans doute informés par un Anglais du nom de Warner, de la possibilité de commercer avec les autochtones, les colons choisissent de créer ce premier établissement sur le Sinnamary. C’est sans doute la présence d’Amérindiens Kali’nas qui poussa à cette installation. Le but étant de pouvoir commercer avec eux. 

Ils s’installèrent sur les rives du Sinnamary. Ce petit groupe fut rapidement rejoint des colons en provenance, lui-assis, de l’île de Saint-Christophe aux Antilles. Dans un ouvrage écrit en 1666 par Jean-Baptiste Dutertre, “Histoire générale des Antilles habitées par les Français”, il est dit que cet épisode serait le fait d’un certain Clément Bargau, officier de milice, qui aurait pris la tête d’un groupe de mécontents des agissements du gouverneur de l’île Saint-Christophe, le commandeur de Poincy. 

Il s’agit sans doute de la première tentative d’enracinement en Guyane. Mais l’essai échoua et les rescapés, peu nombreux, furent rapatriés vers la France.

Difficile quand on aborde cette période de confirmer la véracité de certains faits. Mais certains observateurs, notamment Laurent Angliviel de la Baumelle, un dominicain qui publia en 1755 "Mémoires pour servir à l’histoire de Madame de Maintenon”, l’épouse morganatique de Louis XIV aurait vécu ici. Elle serait née à Sinnamary en 1630 et ses parents auraient quitté la Guyane pour rejoindre la Martinique et la métropole. Elle n’aurait été baptisée que 5 ans plus tard à Niort et cette date sera considérée comme sa date de naissance.
Plus d’un siècle après cette tentative de colonisation, en 1763, quelques dizaines de rescapés de la désastreuse expédition de Kourou qui a vu mourir plus de 9.000 colons sur les 12.000 qui étaient arrivés en Guyane, viennent s’installer au bord du fleuve. Ils choisissent un endroit qui deviendra l’implantation définitive de SInnamary. Une église est bâtie, les bâtiments de la colonie sortent de terre sous l’égide de l’ingénieur Tugny. Européens, Amérindiens et esclaves y vivent et pratiquent la culture et l’élevage.
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Étape 3

Implantation du village indonésien Aoura

Sous l’impulsion du maire, Roland Verderosa, soucieux de permettre le développement de la commune de Sinnamary, une colonie de 40 familles indonésiennes s'installe à Sinnamary. L’idée de l’édile de la mise en valeur des terres agricoles par la culture du riz.
 
Très présents au Surinam, pays voisin de la Guyane, les Indonésiens par leurs grandes connaissances dans la culture du riz, sont ainsi appelés à venir s’installer ici, en 1955. Dans un premier temps, un terrain est choisi dans la savane Manuel et les familles sont placées sous l’autorité de Monsieur Danestro, dit Papa Chef.
 
Ils vont rapidement quitter ces terres pour venir s’installer sur l’îlet Aoura, sur la rive droite du Sinnamary, en amont du bourg. On y accède par un chemin goudronné après avoir franchi le canal Rémy, creusé sous la gestion du maire Bonose Vernet. Vivant tout d’abord dans des paillottes, ils transforment leur maison en cases créoles faites de bois et de tôle et plus tard de béton Ici, ils travaillent la terre et cultivent le riz.
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L'Odyssée -

Étape 4

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L'Odyssée - Sinnamary

Étape 5

Les Amérindiens Kali'nas

Christophe Colomb, après son premier voyage de 1492 et sa deuxième expédition qui lui a permis une découverte de l’arc caraïbéen, aurait, après sa troisième traversée, longés les côtes de l’Amérique du Sud, de l’embouchure de l’Orénoque, jusqu’à ce qui allait devenir la Guyane. Mais la découverte de la Guyane est attribuée à Vincente Pinzon, compagnon de route de l'Amiral Colomb qui aurait mis le pied le premier ici, en Guyane.
 
Les recherches semblent indiquer qu’au cours des deux derniers millénaires, la Guyane aurait été un point de convergence entre les peuples amérindiens venus de la Caraïbe, par la mer, les peuples du plateau des Guyanes et les peuples venus du bas Amazone par le vaste réseau de cours d’eau du territoire.
 
L’arrivée des premiers hommes sur le plateau des Guyanes daterait en effet de 6000 ans avant J.-C. Les traces de présence précolombienne en Guyane sont visibles sur quelques sites. Certains ont été mis au jour, comme par exemple quelques roches gravées ou les nombreux polissoirs visibles sur les plages du littoral ou dans des lieux reculés de la jungle amazonienne. Sinnamary n’échappe pas à la règle. En effet, les travaux d’implantation de la zone de lancement de Soyouz ont mis au jour des centaines de sites amérindiens datant de la période précolombienne. C’est dire l’importance du territoire. 
 
L’année 1624 a marqué l’arrivée des premiers colons qui débarquent, ici, à Sinnamary, en provenance de l ‘île de Saint-Christophe aux Antilles. Ils sont accueillis par des Amérindiens Kali’nas, installés ici depuis plusieurs siècles. Les colons découvrent alors les immenses savanes qui caractérisent le lieu et surtout le travail que les Kali’nas  ont mis en œuvre en créant des champs surélevés qui leur ont permis de cultiver des terres jusque là inexploitables car inondables. Cette technique utilisée sur tout le plateau des Guyane de 600 à 1400 après J.-C. est remarquable par l’ingéniosité dont ont fait preuve ces populations.

Aujourd’hui, pour retrouver aujourd’hui les traces de la présence amérindienne sur le territoire de Sinnamary, il faut suivre le sentier de la roche Milô, à partir de la crique Canceler. Une petite marche de moins de deux kilomètres permet de découvrir ces rochers usés par le travail de polissage. Il existe d’autres polissoirs, mais cette fois difficilement accessibles, ceux de la Pointe Brigandin, dans l’estuaire du fleuve. Ce vestige du temps passé est aujourd’hui envahi de végétation, à la limite du cordon littoral formé par la vaste mangrove côtière. Ce site, autrefois au bord de l’océan, a subi le travail incessant de l’érosion de cette forêt qui bouge et dont les palétuviers ont envahi le lieu. Alors, passant le long de la rive du fleuve, fermez les yeux et imaginez le chasseur Kali’na accroupi devant la roche préparant ses outils ! Vous êtes transporté voilà des milliers d’années dans un autre monde !
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L'Odyssée - Sinnamary

Étape 6

Pointe Combi, entre élevage et expérimentation

Pour accéder à la pointe Combi, il existe deux chemins : le fleuve, bien-sûr, et la route. A partir de la Nationale 1, après avoir quitté Sinnamary en direction de Kourou, il suffit de rouler environ 4 kilomètres et de prendre la route à gauche. Espace de savanes, cette zone est propice à l'activité agricole et une grande majorité d'exploitations s’y sont implantées. Élevage bovin ou de volaille, apiculture, transformation du manioc, bois de rose… Tout au long de la route les exploitations sont là pour témoigner du dynamisme de la commune.

Sinnamary a toujours eu une réputation de terre agricole. Les premiers colons, dès 1763, se consacrent à l’élevage et c’est encore cette activité qui continue à faire la réputation de la commune. Un bœuf rouge vif marque aujourd’hui l’entrée du village et l’élevage bovin est toujours une activité phare de Sinnamary. Son blason porte d’ailleurs en son centre un bœuf paissant sur un monticule des savanes sèches avec la devise suivante : “Dieu m’a donné bœuf, fais lui cornes”.
L’agrotourisme trouve aussi sa place ici avec quelques offres d’hébergement et de restauration. On y mange les produits de l’exploitation et certaines d’entre elles proposent des visites.
Le CIRAD dispose ici d’une station tropicale dédiée aux cultures pérennes. Le site de Combi Savane regroupe, sur 132,5 hectares, outre les bâtiments et le matériel agricole, des serres et des pépinières de création, d’endurcissement et de conservation de différentes variétés, en particulier celles de cacao, de café, d'hévéa, et de palmier. D’autres essais sont menés sur le site, notamment sur l’ananas, la banane et les agrumes.

C’est d’ailleurs Pointe Combi, qu’un technicien agricole du CIRAD, Christophe Couturier, se lance en 1998 dans une aventure reprise aujourd’hui par sa fille Claire. Il sème, plante et travaille ses premiers  bois de rose avec l’aide de sa famille et de quelques amis. Aujourd’hui, l’exploitation, selon un modèle durable, certifiée agriculture biologique depuis 2016, se poursuit.

 
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Étape 7

Claire Couturier productrice de bois de rose

Bois de rose Couturier

Sous des dehors qui pourraient, à tort, paraître fragiles, Claire Couturier est une véritable battante. Avec Luc Champault, son compagnon, ils ont repris l’idée folle du père de Claire, de se lancer dans la production d’huile essentielle de bois de rose. Pointe Combi, à Sinnamary, ils vivent là où est installé leur atelier. Dans une large savane, ils profitent du grand air en prenant soin de leurs arbres et de leurs jeunes pousses qui attendent, sous une serre, d’être replantées.
 
L’aventure a commencé en 1998. Christophe Couturier, technicien agricole sème, plante et travaille ses premiers  bois de rose avec l’aide de sa famille et d‘une bande de copains. Il ne baisse jamais les bras avec dans l’idée de renouer avec une activité qui a fait la richesse de la Guyane.
 
En effet, depuis la fin du XIXe siècle, le bois de rose de Guyane était exploité de manière significative pour la fabrication d’huile essentielle, principalement utilisée pour la parfumerie et les cosmétiques de luxe. L’apogée de cette production se situe pendant les années folles avec une production de près de 100 tonnes d’huile en 1926, l’équivalent de 10 000 arbres de 50 ans coupés en 1 an ! 
 
La production d’huile essentielle à partir d’arbres forestiers a commencé avec la création d’usines de distillation sur le littoral, alimentées à partir des communes avoisinantes. Le bois était flotté, puis transporté en canoë ou distillé sur place. De nouvelles usines s’installèrent sur les fleuves notamment Approuague et Sinnamary, pour aller de plus en plus loin en forêt car, dès 1910 on observa la raréfaction des arbres. Des distilleries se sont même installées en plein cœur de la forêt. 
 
Les abattages et dessouchages ont, hélas, conduit à la raréfaction d’une espèce jusqu’alors courante, c’était à l’époque une des principales ressources économiques de la Guyane avec la gomme de balata et l’or. L’activité périclite et la dernière usine de Guyane implantée à Regina ferme vers 1970.
 
Après avoir amorcé plusieurs projets, Christophe Couturier continue toujours à semer, planter, entretenir le bois de rose et produire de l’huile essentielle, tout en pérennisant un travail de pépinière permettant de renouveler les arbres coupés, d’étendre ses plantations, et de relancer la production auprès de nouveaux producteurs. Ces années d’expériences lui ont permis de faire partie de nombreux sujets de recherche, et surtout de développer des techniques de culture et de production d’huile essentielle.
En vingt ans, il est parvenu à maintenir son exploitation et surtout, à transmettre à sa fille l’envie de poursuivre l’aventure. En 2020, Claire et Luc décident de reprendre le flambeau paternel. Diplômée d'un BTSA gestion et protection de la nature et d'un BPJEPS canoë-kayak, Claire convainc Luc, qui lui a travaillé dans le domaine de l’énergie, de le rejoindre dans l’aventure familiale. Il découvre ainsi la Guyane et tombe sous le charme, lui aussi.
 
Aujourd’hui, les plantations Couturier sont répartis sur plus de 15 ha à Sinnamary et sur la commune de Saint-Laurent-du-Maroni. Les parcelles font l’objet d’une exploitation durable et sont certifiées agriculture biologique depuis 2016. En effet, des coupes d’arbres sont nécessaires à la fabrication d’une huile essentielle de qualité et celles-ci sont compensées par les replantations et croissances annuelles sur ces mêmes parcelles.
 
Par ailleurs, les productions d’huile sont limitées afin de permettre une production pérenne sur les plantations. Enfin, la culture en Guyane de cette plante autochtone ne nécessite aucun traitement, d'autant plus lorsque cette essence est mélangée à d’autres espèces.
 
Les arbres aujourd’hui coupés par Claire et Luc ont été plantés voilà 20 ans par Christophe Couturier. La patience est donc de mise, mais la vision qu’en avait eue son créateur, font aujourd’hui de cette entreprise une réussite. La majorité de la production est vendue à l’export, auprès de grossistes , aromathérapeutes et fabricants de cosmétiques.
 
Mais les projets fourmillent encore et le couple de producteurs a lancé une opération de financement participatif. L’objectif : accroître leur capacité avec une chambre froide qui leur permettrait de stocker huile essentielle et hydrolat ainsi produits.

Sous le carbet où est installé l’atelier, Claire et Luc s’activent autour de l’alambic ou devant le broyeur ou la fendeuse. Avec le sourire. Toujours ! On ferme les yeux et délicatement, les senteurs de bois de rose pénètrent les narines.
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Étape 8

Miel de Guyane - Bruno et Josefa Gaucher

Saisissant délicatement  la reine entre le pouce et l’index Bruno Gaucher apose que le dos de la reine une toute petite pastille bleue fluorescente. portant le numéro 57. La reine est ensuite déposée dans une ruchette à proximité du domicile.
Reconnaissable par sa taille, mais surtout par cette petite marque colorée, la reine peut ainsi être tracée et suivie. Un code international, avec cinq couleurs, permet ainsi aux apiculteurs du monde entier de connaître l'année de naissance de l’abeille qu’ils viennent d'acquérir. Bruno et Josefa Gaucher sont apiculteurs depuis trente ans. Une histoire qu’aime à raconter cet homme passionné d’abeilles depuis son plus jeune âge.
 
La découverte de la Guyane a lieu en 1986. A son arrivée, Bruno se lance dans un premier temps dans l’élevage de la crevette d’eau douce (chevrette ou ouassou). Trois ans après, avec Josefa son épouse, il reprend l’activité de son frère jumeau, apiculteur, en rachetant sa quarantaine de ruches. Le couple relève le défi jugé difficile de ne vivre que de l’apiculture. En janvier 1990, ils s’installent en forêt et vivent dans une petite maison au bord de la crique Toussaint. Six ou sept ans plus tard, Bruno et Josefa obtiennent une concession de deux hectares, Pointe Combi à Sinnamary, pour poursuivre leur projet d’apiculture.

Objectif : 6 tonnes à l'année
 
Les quarante ruches du départ deviennent vite cinquante, soixante pour aujourd’hui atteindre cent ruches de production. 120 tonnes de miel sont sorties des ruches du couple Gaucher, en trente années de production. L’objectif aujourd’hui est de sortir 6 tonnes de miel à l’année, l’activité variant en fonction de la météo et une saison des pluies intense aura un impact négatif sur le rendement. 
 
La richesse des miels de Guyane ? L'absence de pesticides ou de résidus et la biodiversité phénoménale avec une multiplicité des fleurs de tous les biotopes présents en Guyane : forêts primaire et secondaire, savanes, bords de fleuve, littoral et mangroves… Bruno Gaucher estime à 400, voire 500 plantes butinées par ses abeilles. Une thèse récemment rédigée sur la caractérisation des miels de Guyane confirme ces estimations. C’est dire la richesse des saveurs produites. 
 
La récolte se fait en saison sèche, d’août à décembre principalement. Bruno et Josefa proposent trois grandes appellations : le Miel Forêt amazonienne, foncé, au goût assez boisé et produit en début de saison sèche, le Miel Forêts et Savanes, produit à partir d’arbres de forêts secondaires, de bords de routes, de petites plantes et, en fin de saison sèche, en novembre décembre, le miel de mangrove, issu des fleurs de palétuviers très présents entre Sinnamary et Iracoubo. Une fois récolté, le miel est extrait à froid, non chauffé, et conserve toutes ses propriétés.
 
S’il existe des abeilles endémiques de la Guyane, les premières Apis mellifera sont arrivées, dès 1600, sur le continent avec les colons espagnols, portuguais ou français, soucieux de produire de la cire à bougies. Des essaims entiers ont ainsi été introduits sur toute l’Amérique du Sud. Des tentatives de croisement ont été faites, notamment entre une Apis mellifera et une abeille africaine rendant la nouvelle espèce agressive, très prolifique et avec un fort instinct d’essaimage. Un nouveau croisement a été suggéré avec des reines de métropole. 
 
En Guyane, les abeilles trouvent toujours, tout au long de l’année, du pollen. Au fil des générations, en contrepartie, elles ont perdu en partie l’instinct d’épargne qui caractérise les abeilles en Europe. Bruno Gaucher acquiert des reines de métropole et, à partir de très jeunes larves issues des œufs que cette reine pond, il va produire de nouvelles reines. Les ouvrières obtenues après fécondation avec des bourdons endémiques, sont ainsi métissées. Cette nouvelle génération a les qualités souhaitées par l’apiculteur : douces à travailler, peu essaimeuse et grande productrice de miel. 
 
La qualité du produit et le bouche à oreille ont fait le succès du miel de Bruno et Josefa. Leur production, vendue en bocaux et en bouteilles d’un litre, ne suffit pas à répondre à la demande sans cesse croissante des consommateurs. Labellisé par le Parc Naturel Régional de Guyane, le Miel de Guyane est victime de son succès : 5 tonnes à l’année, ce sont 5.000 Guyanais qui consomment 1 litre par an. C’est peu pour une population de plus de 200.000 habitants. La totalité de la production pourrait être vendue sur Sinnamary et Kourou, mais ce miel haut de gamme, produit Pointe Combi se vend jusqu’à Cayenne et, avant le lancement de la nouvelle production, est souvent en rupture, au grand dam des acheteurs.
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Étape 9

Le fleuve seul moyen de communication

Les cours d’eau ont toujours été les principales voies de communication. Fleuves, rivières ou criques ont permis aux premiers habitants de la Guyane, les Amérindiens, de s’implanter sur tout le territoire. Les colons, à leur arrivée, ont choisi les estuaires et les berges des fleuves et rivières pour s’installer. Les routes et les pistes sont arrivés plus tard pour permettre la communication de ce vaste territoire.

Après la Seconde Guerre mondiale, le réseau routier en Guyane était très embryonnaire. Il s’agissait de pistes en latérite ou sableuse, très souvent criblées de trous et d’ornières, qui permettaient de relier les communes du littoral. Pour traverser les fleuves ou les rivières, il fallait prendre un bac ou passer à guet les plus petits cours d’eau. La meilleure solution restait donc la mer. Avant la guerre, deux petits caboteurs, des bateaux à vapeur et une douzaine de chalands appartenant à la Compagnie Tanon, assuraient les liaisons entre les communes. Fret, marchandises, matériels, récoltes et bien sûr voyageurs circulaient donc par la mer et les fleuves. Réquisitionnées pendant la guerre, les embarcations seront remplacées par des goélettes,  bateaux particuliers, tapouilles brésiliennes et même un vapeur hollandais basé au Surinam.

Quant à la navigation sur les fleuves, rivières et criques, elle ne se faisait -et se fait toujours- qu’à l’aide de pirogues. Longtemps, le Sinnamary n’a donc été que la seule voie d’accès. Une première route, aujourd’hui disparue du fait des phénomènes d’envasement du littoral guyanais, permettait de rejoindre Kourou au bourg de Sinnamary. De cette route de l’Anse, il reste une piste et un sentier aménagés.
Il fallait donc remonter le fleuve pour atteindre les zones de chasse et de pêche, ou pour rejoindre les abattis. Mais c’est sans doute à la grande époque de la ruée vers l’or que le Sinnamary, plus vaste bassin aurifère de la Guyane, trouve tout son intérêt. Pour atteindre et alimenter les placers et les différents sites d’orpaillage, il fallait emprunter le Sinnamary. Marchandises, hommes et femmes, matériel, tout transitait par le fleuve.
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Étape 10

Ecosystème du fleuve

Lorsque l’on remonte le large fleuve, de part et d’autre, le haut rideau d’arbres semble impénétrable. Première vision de l'immense massif forestier, cette végétation des bords de cours d’eau est particulière à plusieurs titres. Cette forêt ripisylve, ou ripicole, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, n’est épaisse que de quelques mètres. Ces arbres et arbustes dont certains sont courbés sur l’eau, ces lianes forment comme une peau protectrice. Il suffit de traverser ce mur végétal pour découvrir un forêt beaucoup plus clairsemée et praticable. Jean-Jacques De Granville, botaniste parle “d’un prolongement de la voûte forestière ( canopé) qui descend à portée de main jusqu'au niveau de l'eau, profitant de l'éclairement important que procure la trouver du fleuve.” Et cet apport de lumière peut expliquer les floraisons exceptionnelles, plus spectaculaires qu’en sous-bois que l’on remarque au bord des fleuves.

Sur le Sinnamary et jusqu’à la retenue de Petit-Saut, aucun rapide ne sera franchi. La route fluviale est large et lisse et la navigation est paisible. Mais en scrutant les berges, on peut apercevoir certaines espèces particulières, notamment les jolies étamines rouges et blanches du cacao-rivière, ou les grandes gousses des wapas, en forme de faucilles brunes et duveteuses.

La remontée se fait en canot à moteur dont le bruit fait fuir les mammifères. Difficile donc d’envisager voir un animal boire sur la berge. Par contre, en scrutant le ciel, il n’est pas impossible d’apercevoir un toucan au cri si caractéristique. On peut aussi apercevoir, rarement certes, un anaconda enroulé sur une branche effleurant l’eau. Et surtout, accompagnant votre balade les chants multiples de la forêt : insectes et oiseaux. Vous saurez repérer sans mal le paypayo au sifflement si reconnaissable.
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Étape 11

Le fleuve et Petit-Saut avant le barrage

Long de 260 km pour un bassin de 6 500 km², le Sinnamary est le cinquième fleuve de Guyane. Il prend sa source au centre de la Guyane, au nord de la commune de Saül. Il est aussi le plus profond de Guyane. Au début des années 90, sa course a été perturbée par la construction du barrage électrique de Petit-Saut, rapide emblématique du fleuve qui s’est retrouvé noyé à tout jamais. Le fleuve se jette dans l’océan et son estuaire, large de 40 km est le paradis des oiseaux et un site de prédilection car zone de reproduction pour le caïman rouge et le caïman à lunettes, pour la tortue verte et c’est également un site prisé par le lamantin des Caraïbes.

Sur sa course, le long fleuve compte 39 sauts et 28 criques. Le plus emblématique des rapides du Sinnamary est, ou plus exactement a été, sans conteste Petit-Saut qui, au fil du temps, a changé de nom : Troulinbrinqui, des Titans, Sococoroman, Timounrenguin pour prendre son nom définitif.

L’annonce du choix du Sinnamary et de son saut a été mal perçue par les habitants, écologistes ou non. Les répercussions sur l’écosystème ont inquiété, tout comme l’éventualité de perdre, avec la construction de ce barrage une source de revenu, ou tout simplement par crainte d’imaginer ce mur de béton retenir une masse d’eau de 3,5 milliards de m3. Outre Petit-Saut, d’autres rapides ont disparu du paysage, noyés sous les eaux du barrage.
Plus grand lac de France, avec 310 km2 de superficie, le lac de Petit-Saut par son étendue et du fait qu’il possède la plus grande ouverture vers des sites d’orpaillage (légaux et clandestins), rappelle cette légende amérindienne qui parle du lac Parimé et son Eldorado fantasmé, que tant d’explorateurs ont tenté de découvrir en sillonnant la vaste Amazonie.

Le remontée du fleuve jusqu’au barrage est calme sans difficulté particulière et, après avoir changé d’embarcation, on peut se balader sur les eaux du lac, entre les îlots de verdure avec, çà et là, les troncs qui émergent de l’eau. Les choses deviennent plus compliquées après le lac où l’on peut poursuivre l’exploration du fleuve, en passant notamment le saut Takari Kanté. Les plus aventureux remontent le fleuve au-delà du saut Takari Kanté.
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Étape 12

Crique Grégoire

Envie de vous désaltérer dans une eau fraîche et claire, pourquoi ne pas vous rendre à la crique Grégoire ?

Il s’agit d’une magnifique petite crique au fond sablonneux située en aval du barrage hydroélectrique de Petit Saut sur la commune de Sinnamary.

En l’absence de chemin d’accès, le fleuve est le seul moyen pour s’y rendre.

Pour vous rendre à la crique Grégoire, vous devrez mettre votre embarcation à l’eau au Dégrad de Petit-Saut en empruntant la route du même nom. Cette route débute entre Kourou et Sinnamary. Attention, la mise à l’eau doit se faire en aval du barrage. Naviguer une quinzaine de minutes si vous êtes en embarcation motorisée ou partir du bourg de Sinnamary et remonter le fleuve jusqu’à la crique, comptez 1h30 de navigation.

Vous pouvez tenter l’aventure en canoë, comptez 1h pour l'aller et 2h pour l'aller-retour au départ du Dégrad

L’entrée de la crique se trouve sur la gauche en partant du barrage et est reconnaissable grâce aux rochers rougeâtres situées à son embouchure.

Le layon débute à coté des premières chutes.

La marche n’est pas de tout repos, le layon n’est pas très bien entretenu par endroit et vous pourriez facilement vous perdre. Des marquages sur les arbres ou des rubalises vous indiqueront tout de même si vous êtes sur la bonne voie.
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Étape 13

Maison de la Découverte de Petit-Saut

La Maison de la Découverte a été créée en 2000, six ans après la mise en eau du barrage de Petit-Saut avec l’objectif de valoriser auprès du grand public les travaux de recherche qui ont été mené sur le site, notamment, la vaste opération de sauvetage qui a réuni une équipe pluridisciplinaire de chercheurs. En partenariat avec EDF, l’étude d’impact a été conduite par Hydreco.

Géré par l’Association pour la Découverte Scientifique de Petit-Saut (ADSPS) le musée s’est installé dans les anciens locaux du chantier du barrage.

Seule contrainte : l’accès de la route menant à Petit-Saut est réglementé et nécessite dérogation et autorisation.
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Étape 14

La construction du barrage de Petit-Saut

La décision de construire un barrage hydroélectrique en Guyane a été prise en 1984 pour répondre à une demande sans cesse croissante en énergie. La croissance démographique, certaines infrastructures très énergivores comme le Centre Spatial Guyanais, et la demande en climatisation ont engendré des besoins en énergie de plus en plus importants. Entre 1976 et 1983, la demande en énergie a augmenté de 180%.

Il s’agissait de trouver quelle source d’énergie allait être privilégiée et naturellement le vaste réseau hydrographique de la Guyane a fait pencher la balance vers l’énergie hydraulique. A partir de là, quel lieu d’implantation choisir ? Après études, c’est le Sinnamary et plus exactement Petit-Saut, qui a été retenu par EDF du fait d’un goulot naturel d’étranglement. Situé à 60 km de l’estuaire, il se situe à la confluence du Moyen Sinnamary et de la crique Coeur Maroni, à 50 km de Kourou et 110 km de Cayenne.

Les travaux ont commencé par la route d’accès au site en 1987 et les travaux du barrage ont été entrepris à partir de 1989. Il s’agissait de construire un barrage-usine hydroélectrique de 47 mètres de hauteur, pour 740 mètres de longueur, créant une retenue de 3,5 milliards de m3 et d’une superficie de 310 km² en forêt tropicale. Il est considéré comme le plus important ouvrage hydroélectrique de France et l’aménagement du site peut être considéré comme remarquable. En effet, une douzaine de partenaires scientifiques ont mis en œuvre un partenariat visant à unir leurs efforts pour que l’impact sur l’environnement soit réduit au minimum. Une campagne a permis le sauvetage de plus de 5000 animaux qui ont été déplacés. Avant de les relâcher, ils ont subi des examens cliniques enrichissant ainsi les connaissances sur la faune de Guyane. De même, les fouilles archéologiques ont mis au jour sur le site 455 sites amérindiens enrichissant ainsi les connaissances sur le peuplement amérindien de la Guyane.

Aujourd’hui, les turbines du barrage produisent l'électricité de Cayenne et de son agglomération, de Saint-Laurent-du-Maroni, de Kourou et du Centre Spatial Guyanais ainsi que des autres villes de la région côtière. Avec une capacité de production de 116 MW, le barrage de Petit-Saut produit environ 47 % de l’électricité de toute la Guyane.
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Étape 15

Au-dessus de la retenue de Petit-Saut

Le lac de la retenue de Petit-Saut est d’une surface d’environ 365 km3, soit environ 16 km de long sur 19 km de large. Il represente plus de trois fois la surface de la ville de Paris. D’une profondeur de 35 mètres pour un volume estimé à 3,5 milliards de m3, il est la plus grande retenue artificielle de France.

La mise en eau du barrage, à partir de 1994 a considérablement modifié le paysage. Une multitude d’îlots se sont ainsi créés conférant au site un aspect fantasmagorique.

Des milliers d’abres morts émergent de l’eau. Les branches desséchées sont tombées, et toutes ses épiphytes sont mortes, sauf quelques-unes, des broméliacées en général, capables d’accumuler l’eau de pluie. Peu de champignons sont présents sur le bois mort, ce qui est inhabituel en climat tropical, mais s’explique ici par une exposition forte aux ultraviolets directs et réverbérés par l’eau, par le fait que l’atmosphère au-dessus du lac est paradoxalement très sèche. En effet, les arbres morts n’évapotranspirent plus, et le bois sèche au soleil et sous l’action du vent.

Ici, la balade sur l’eau, au-delà de l’histoire que cela raconte, est une occasion de découvrir des paysages uniques. Le fleuve Sinnamary est noyé sous les eaux du lac, mais lui est ses affluents continuent d’alimenter les lieux. 

Le grand fleuve reprend sa course plus au sud de la retenue. Il poursuit sa course vers le centre de la Guyane où il prend sa source, offrant aux amateurs d’aventures, aux pêcheurs d’aïmaras, un terrain de jeu fantastique.
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Étape 16

Projets sur la retenue de Petit-Saut

Différents projets ont été pensés pour mettre en valeur et exploiter les bois ennoyés sur le lac. De nombreuses essences, en zone anoxique, sont en effet parfaitement conservées. Si plusieurs projets ont ainsi émergé, aucun n’a pour le moment abouti.

Des entreprises comme Voltalia qui gère à Kourou l’usine de bio-masse a imaginé alimenter son usine en récupérant les bois submergés. Un autre projet porté par la société canadienne Triton vise à produire des bois de palissade et du mobilier extérieur. La société ambitionne d’extraire 60 000 puis 200 000 m3 de bois par an.

Une cinquantaine de 50 personnes seraient embauchées à temps plein. Une fois séché et trié, le bois sera acheminé dans une scierie pour du bois d’œuvre ou broyé pour alimenter une centrale biomasse qui pourrait être construite, par Voltalia, sur le site de Petit-Saut. Elle doit produire 10 mégawatts, soit 6 à 8 % de la consommation d’électricité du littoral. 100 000 à 120 000 m3 de bois par an seront nécessaires pour un fonctionnement à plein régime.

Des études d’impact environnemental ont été commandées car ce type d’exploitation aurait des conséquences sur cet écosytème particulier. Mais, il existe aussi des avantages qui ont été mis en évidence par la SEPANGUY, association œuvrant pour la protection de l’Environnement en Guyane. En effet la récupération de ces bois aurait un effet positif dans la mesure où ces bois morts et la putréfaction que cela engendre produise du méthane. Selon l’association,  « Petit-Saut aurait été, sur vingt ans, six fois plus polluante qu’une centrale de fuel de puissance équivalente ».
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Étape 17

Le bagne des Annamites

Après la révolte de la garnison de Yen Bay le 10 février 1930, 100 condamnés politiques et 400 prisonniers de droit commun indochinois sont envoyés en Guyane française sur le vapeur Lamartinière dans le but de développer une partie de la colonie, le territoire autonome de l’Inini qui venait d’être créé le 6 juin 1930. Le décret du 22 janvier 1931 porte création de trois établissements pénitentiaires spéciaux (EPS) réservés exclusivement aux individus d’origine indochinoise condamnés par les juridictions d’Indochine.

Les EPS sont répartis sur le territoire de l’Inini : celui de la crique Anguille sur la rivière de Tonnégrande est ouvert à la population pénale le 19 septembre 1931 ; celui de la Forestière sur le Maroni ; celui de Saut-Tigre sur le fleuve Sinnamary accueille 200 prisonniers indochinois en 1933, en provenance de la crique Anguille. Les condamnés sont donc employés sur les chantiers administratifs de l’Inini pour l’exécution des travaux publics ou dans les exploitations agricoles pénitentiaires. Ils travaillent tous les jours, sauf le dimanche, de 5 h 30 à 11 heures et de 14 heures à 17 heures. Pour désenclaver le camp, situé à six heures de canot du bourg de Sinnamary, les condamnés doivent construire des pistes : une vers Saut-Vata, une vers Kerenroch et même un pont métallique sur le Sinnamary.

Les prisonniers sont parfois utilisés pour le nettoyage des rues de Sinnamary et la réfection de la voie ferrée de Saint-Elie, sous la surveillance de tirailleurs Sénégalais. Le camp est ravitaillé par deux vapeurs de la maison Tanon, Le Mana et L’Oyapock, qui effectuent deux fois par mois le voyage jusqu’à Sinnamary. A partir de 1936, des concessions agricoles sont octroyées aux prisonniers. En 1937, on les autorise à se rendre dans les localités guyanaises pour de brefs séjours. Cinq jours sont accordés aux prisonniers de Saut-Tigre se rendant à Sinnamary.

Le camp de Saut-Tigre ferme définitivement ses portes en juillet 1945. Les derniers vestiges encore visibles aujourd’hui seront complètement engloutis en 1994 par le barrage de Petit-Saut.
Sources : Mairie de Sinnamary 
 
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Étape 18

La ruée vers l'or

Après la seconde abolition de l’esclavage, le 10 juin 1848, l’histoire de la commune va connaître un autre temps fort, celui de la découverte d’importants gisements aurifères dans le bassin du Sinnamary. 

Cette découverte va donner une impulsion nouvelle à l’économie de la commune et aussi drainer une population massive en provenance des Antilles françaises, des Antilles anglaises et de la Guyane. C’est la grande ruée vers l’or.

En 1866, Paul Isnard découvre le placer Adieu-Vat lors d’une exploration de la rivière Courcibo. Il vend Adieu-Vat à Maisier, le 16 novembre 1869 et part vers l’ouest pour le placer Dieu Merci qui vient d’être découvert par Monsieur Elie Vitalo.

Le village de Saint-Elie émerge au milieu de la vaste Amazonie. Véritable ville minière, elle est le centre d’orapaillage le plus important de la Guyane. Pour y accéder, une petite voie de chemin de fer est construite en 1887 en remplacement d’une piste muletière. Cette voie de type Decauville était longue de 32,5 kilomètres, ce qui reste unique sur tout le territoire. Elle reliait le fleuve à une piste qui permettait d’accéder au village à partir d’une petite gare, Gare Tigre,  qui avait été construire sur les berges de la Courcibo, un affluent du Sinnamary.

Une locomotive à vapeur a desservi Saint-Elie à partir de 1891. Mais le terrain pentu et les nombreux virages ont obligé les propriétaires, la Société des Mines de Saint-Elie à l’abandonner à partir de 1895. Elle sera replacée par des bêtes de somme ou des hommes. Tous les mois, les vingt-quatre hommes dévolus à l’acheminement assuraient le transport d’une dizaine de cargaisons d’un poids de 750 kg chacune. 

La mise en eau du barrage de Petit-Saut a fait disparaître la gare ainsi qu’environ 7,5 kilomètres de la voie de chemin de fer. Il ne reste plus que 25 kilomètres que l’on peut suivre pour rejoindre Saint-Elie.