Rivière-Pilote, Martinique

Description

A Rivière-Pilote, il faut remonter à l'époque amérindienne pour identifier les premières traces d'occupation humaine. Les premiers habitants des lieux étaient des Arawaks, installés sur le site de l'anse Figuier, près de la plage. Ils en furent délogés par les Karib, vers le 11ème siècle après JC. 

Organisation spatiale et sociale
Les Arawaks s'établissaient dans des villages, où ils construisaient des bohios; cases ou huttes en bois, en roseaux et couvertes de chaume. Chaque famille disposait de son habitation. L'unité sociale que représentait le village était composée d'une moyenne de 50 bohios, pour 1000 habitants, axés autour d'une place centrale. 

La société était organisée de façon matriarcale, la filiation se transmettait donc par la femme. Cependant, le pouvoir était représenté par deux figures masculines, celle du chef, le cacique; et celle du chaman. Le pouvoir se transmettait ensuite au fils aîné de sœur aînée.

Le chef cacique avait le droit de pratiquer la polygamie, la première femme avait le pouvoir sur les autres épouses. Société animiste, les Arawaks attribuaient des âmes à toutes les composantes de l'environnement, cela passant par les animaux, les plantes, mais également les éléments. 

Les Arawaks sont également les premiers Amérindiens à avoir été en contact avec les colons. Christophe Colomb écrivit à leurs propos : « Ils nous apportèrent des perroquets, des ballots de coton, des javelots et bien d'autres choses, qu'ils échangèrent contre des perles de verre et des grelots. Ils échangèrent de bon cœur tout ce qu'ils possédaient. Ils étaient bien bâtis, avec des corps harmonieux et des visages gracieux »
Histoire, héritage des mers et océans
Grande et petite histoire vues par les mers et les océans
Description :
Les Arawaks étaient un peuple dépendant de la culture agro-céramique. Ils vivaient dans des villages localisés près des points d’eau, souvent le long de sources d’eau douce (distance moyenne de 115m, distance maximale de 500m). Ils disposaient de grandes connaissances en pêche et agriculture, leur culture principale était celle du manioc, mais ils cultivaient également du maïs, du piment, des haricots, des arachides, cucurbitacées et de nombreux fruits, dont l’avocat. En plus de ces connaissances en horticultures et en agricultures, les Arawaks cultivaient des plantes médicinales. Les femmes s'occupaient également de la culture cotonnière, cette dernière servant à construire des filets de pêches et des hamacs.

Concernant les artefacts, la production céramique est caractéristique, elle se compose de poteries décorées d’incisions sur les parois extérieures, recouvertes également de motifs peints en blanc sur rouge. Les fouilles archéologiques ont permis d’identifier des vases avec des anses à décor anthropomorphes ou zoomorphes ; mais également des platines, servant à la cuisson du manioc. Des outils issus de l’industrie lithique et des coquillages tels que des haches, des couteaux et des gouges ont également été identifiés. C’est aux Petites Antilles que l’on a retrouvé les premières traces de pierres à trois pointes, qui servait au culte des Zémis, qui représentaient les esprits des ancêtres. Ces derniers devaient être honorés par toutes les familles du village, qui possédait sa relique zémi. On pouvait également les consulter pour obtenir des conseils, une guérison, la fertilité. En effet, la poterie était un art hautement symbolique et lié à la religion. Par la réalisation de poteries, on exprimait ses croyances et on rendait hommage aux divinités. Ces dernières étaient mobilisées dans les rituels.
Histoire, héritage des mers et océans
Principaux mouvements migratoires
Description :
Les Arawaks sont issus de la culture Saladoïde, ce nom provenant du toponyme Saladero, situé dans le delta de l’Orénoque, situé au Venezuela. Durant tout le premier millénaire avant notre ère, ces populations se déplaçaient à bord de grandes pirogues, on date les premières occupations antillaises à partir du 5ème siècle av. JC ; en parallèle des migrations vers le golfe de Paria et vers Trinidad, où ils s’établiront à Cedros. Cependant, la découverte des Antilles fut ralentie par la distance séparant Trinidad de la Grenade, plus grand espace inter insulaire, long de 120km ; mais une fois Grenade atteinte, les amérindiens continueront leurs routes jusqu’à Puerto Rico, puis Hispaniola, atteinte dès la fin du 3ème siècle ap. JC. Concernant la Martinique, le peuple s’y est installé une première fois au 1er siècle ap. JC, du côté nord-atlantique de l’île, de la presqu'île de la Caravelle jusqu'à l'embouchure de la rivière Capot qui descend du Morne Rouge, c'est à dire sur les contreforts de la Montagne Pelée, mais une possible éruption survenue à la fin du siècle décima une partie de la population. Une deuxième phase d’occupation s’opèrera au 5ème siècle, cette fois-ci au sud de l’île, ils y restèrent jusqu’à environ 1200.

Au cours de ces migrations, les Arawaks dispersèrent dans l’archipel insulaire des techniques de poteries, de la céramique, de l’agriculture ainsi que des espèces animales, notamment l’iguane et le chien, qui était déjà domestiqué à l’époque.
Vers le 11ème siècle ap. JC, les Karibs, provenant de la région des Guyanes et du Suriname, migrèrent à leurs tours vers l’île. Les relations avec ces derniers semblaient être belliqueuses et conflictuelles, les Karibs menaient des raids, afin de tuer les Arawak et d’enlever leurs femmes. Les écrits que l’on dispose sur le peuple Karib est l’œuvre des colons au 15ème siècle, on peut supposer que le caractère guerrier et sanguinaire de ces derniers était exacerbé par les européens, afin de justifier leurs actes de colonisation.

Map

Latitude:
14.482172
- Longitude:
-60.904900

Share this page

Facebook Google+ Twitter Email