La Charka est l’un des plus anciens quartiers de Nouadhibou. Le quartier est apparu dans le cadre du développement de la pêche canarienne au cours des deux tiers du XXe siècle, aux alentours du cap Blanc. En effet ce quartier fut créé et occupé par les GURA et leurs protégés canariens. Ceux-ci sont des républicains espagnols internés à Villa-Cisneros au début de la guerre civile qui ont réussi à se révolter et gagner Dakar avant de revenir, après la guerre, à Port-Etienne ou ils fournissent en poisson la SIGP. La Charka abritait aussi le bûshir le lieu de plaisir fréquenté par la population masculine. Les wolofs viennent peu à peu s’y installer au cours de l’émergence de la ville et du développement. Les pêcheurs s’installèrent sur le rivage au fond de la baie de Repos, anse naturelle à l’abri d’une langue de sable émergeant à peine lors des grandes marées. 675 pêcheurs de Guet Ndar (Saint-Louis du Sénégal) et 369 de Ndiago (rive droite du fleuve) y vivaient en 1989 avec une partie de leur famille dans des baraques de bois, comme on en trouve dans les villages de pêcheurs et dans des kebba. La Charka était très serrée autour de l’anse et très dense, était sujet à des risques constants d’incendies à cause de l’exiguïté des ruelles et de la proximité des habitations où l’on fait la cuisine au charbon de bois. Suite à l’expulsion des sénégalais en avril 1989, le quartier est détruit pour laisser la place à des entreprises liées à la pêche : Mareyage, charpenterie navale, et réparation de moteur. Les pêcheurs wolofs sont alors relogés dans un quartier périphérique de la ville, sur des terrains dont ils deviennent propriétaires appelés aujourd’hui Charka 2. Avec la création du port artisanal en 1993, Charka est redevenu un lieu spacieux, sûr et très fréquentable.